sommaire du site

 



: Le tri fait sa rentrée

Une des innovations de la rentrée scolaire 2003 est l'expérimentation dans plusieurs académies de France d'une éducation à l'environnement et au développement durable. Il s'agit sans conteste d'une bonne nouvelle, mais aussi d'un défi, car la problématique abordée dépasse largement le cadre écologique stricto sensu, pour couvrir des thématiques aussi vastes que le déséquilibre Nord-Sud, les modes de consommation, ou encore … le tri des déchets.

Rappelons que Somergie coopère depuis 5 ans déjà, avec l'Inspection d'Académie de Moselle, à la sensibilisation des jeunes à la gestion des déchets, au travers d'actions dans les écoles élémentaires, et intervient aujourd'hui de la classe maternelle jusqu'au collège.. Pour en savoir plus, voir la rubrique Avec les enfants consacrée à ce sujet.

A la lumière du bilan très positif de ce partenariat, on ne peut qu'espérer le succès d'une pareille expérimentation à grande échelle.
L'enjeu est de taille puisqu'à la clé, c'est la généralisation de ce type d'enseignement à tous les établissements scolaires français dès la rentrée 2004.

L'initiative de Somergie semble bien répondre à un besoin : celui de sensibiliser les enfants à la problématique des déchets dès le plus jeune âge, afin de développer un comportement responsable et de mieux préserver notre environnement.


: Les déchets de la rue en mal de reconnaissance

183 Euro d'amende … voilà ce que pourrait vous coûter le fait de jeter par terre un paquet de cigarettes vide ou le sachet d'emballage de votre sandwich, à Paris.
D'aucun ne se plaindra pourtant de trottoirs plus propres, qui d'emblée donnent une autre image de l'environnement urbain.

Si la poubelle fait partie intégrante de notre univers privé (chaque foyer disposant au moins d'une poubelle dans sa cuisine), il semblerait qu'elle n'ait pas encore trouvé sa légitimité véritable au sein de l'espace public.
Alors que les lieux de passage sont assez bien équipés (gares, jardins publics, …), les rues des villes n'en sont pas toutes dotées, loin s'en faut.
Nous pouvons peut-être trouver une explication à cela : installer des poubelles à tous les coins de rue reviendrait certainement cher à la commune, en terme de maintenance (entretien du parc, tournées de ramassage), alors que le déchet égaré au beau milieu de la rue, finit toujours par être enlevé par les services municipaux, lorsque ceux-ci nettoient la rue.
Dans un contexte législatif qui pousse à une plus grande implication du citoyen dans la gestion de ses déchets, l'espace public semble donc être à part, pour la bonne et simple raison que l'individu en oublie les règles du jeu.

En dépit des efforts des communes pour sensibiliser le passant - qu'il soit résidant ou visiteur - on constate un écart grandissant entre les habitudes de tri s'instaurant peu à peu à la maison, et le geste encore rudimentaire d'abandon sans discernement de ses déchets sur la voirie, ou par chance dans une poubelle si l'une se trouve à proximité.
Notons au passage que les déchets de la rue ne diffèrent pas de ceux du foyer : il s'agit toujours de poches plastiques, papiers, cannettes de boissons et autres emballages usuels.
Qui dit mêmes déchets, dit logiquement même traitement.
Pourquoi donc encourager le consommateur à trier chez lui, et ne pas l'accompagner à reproduire son geste lorsqu'il se trouve au sein de l'espace public ? Le déchet doit revêtir la même identité partout, qu'il soit à l'intérieur ou à l'extérieur du domicile.

Dans quelle mesure ne pourrions-nous donc pas imaginer des poubelles de rue " multibacs ", permettant au piéton de séparer ses déchets, avec 3 ou 4 choix possibles à définir : papier, verre, métal, autres déchets par exemple. Des expériences existent déjà au Luxembourg et en Belgique, où des poubelles ont été respectivement installées à la gare de Luxembourg-Ville et dans 4 stations de métro à Bruxelles. On peut également citer les initiatives engagées par certaines villes de bord de mer qui, pour la période des vacances, installent au pied de la plage des poubelles différenciées suivant la nature des déchets que l'on peut y déposer.

Aujourd'hui cette problématique de tri des déchets urbains trouve en partie une issue au travers des conteneurs enterrés que l'on voit apparaître dans les centre-villes des grandes agglomérations (à Metz par exemple). Celles-ci répondent au souci d'insertion dans un espace urbain bien souvent réduit, où l'installation de conteneurs en surface est trop consommatrice de place. Si ces bornes visent prioritairement les habitants du quartier où elles sont implantées, elles sont naturellement à la disposition du piéton qui passe.
Toutefois, ces bornes sont par définition volumineuses, car destinées à recevoir des flux de matières importants. Leur emplacement reste difficile dans certaines zones inadaptées, où seule la poubelle trouve sa place (halls et quais de gare, espaces d'attente des aéroports, …). La poubelle sélective demeure idéale dans ces endroits.

En conclusion, les solutions pour inciter le passant à trier ses déchets - même en-dehors de chez lui - existent.
A l'heure où la consommation nomade prend des proportions significatives, avec la destruction de la cellule familiale (de moins en moins de repas étant pris en famille), il faut désormais aller chercher le déchet où il se trouve ... c'est-à-dire probablement de plus en plus dehors, et de moins en moins à la maison.


: Lorsque contenant et contenu ne s'accordent pas...

Si aujourd'hui la plupart des emballages plastiques sont recyclables, le contenu résiduel de certains d'entre eux fait encore obstacle à leur valorisation matière. Il en est ainsi des contenants d'huile alimentaire (et par extension ayant renfermé tout corps gras) ou de produits toxiques (solvants de type white-spirit, produits de désherbage, …).

L'obstacle est double :

- ces liquides résiduels s'intègrent mal à la matière et de ce fait, ils fragilisent cette dernière.
- leur élimination avant recyclage nécessite un lavage à température plus élevée, ainsi qu'un retraitement plus lourd des eaux de lavage (en raison de leur teneur en éléments toxiques).

 

Xavier HEUDE

- haut -