1884
: déjà les premières mesures de tri sélectif
!
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Mars 1884 : signature par le Préfet
Eugène Poubelle de larrêté intitulé
« Enlèvement des ordures ménagères.
Règlement ».
La poubelle est officiellement née ! Chaque habitant de la
ville de Paris devra être muni dun « récipient
commun », équipé dun couvercle, destiné
à recueillir les déchets du foyer
plutôt
que de les déverser dans la rue.
Mais au-delà du récipient qui est certes la
condition préalable à linstauration dune
collecte Eugène Poubelle avait déjà
envisagé le tri sélectif.
Le texte de larrêté préfectoral dit :
« Il est également interdit de
verser dans les récipients communs (NDLR : la poubelle) les
objets suivants dont l'Administration assure l'enlèvement,
mais qui doivent être déposés dans des récipients
spéciaux à côté des récipients
communs, à savoir : les débris de vaisselle, verre,
poterie, etc., provenant des ménages ».
Si les détritus putrescibles pouvaient en effet faire lobjet
dun amendement des sols, on peut supposer que les déchets
solides trouvaient par exemple leur place dans le remblayage des
chemin. Une question de bon sens en
définitive !
Politique des déchets : le pari de la responsabilité
?
Daval en amont
2004 sannonce comme une année
riche en débats dans le domaine des déchets, ce qui
justifie de sattarder à nouveau sur les réflexions
actuellement en cours. Rappelons quil sagit pour le
gouvernement de définir une nouvelle loi sur les déchets,
prenant la suite de la loi de 1992.
Etant partiellement insatisfait des résultats obtenus pour
ce qui concerne la production de déchets ménagers
(hausse ininterrompue de la quantité de déchets produits
par habitant), le gouvernement aurait lintention de se fixer
pour objectif de stabiliser la production dici à 2008.
Alors que la loi de 1992 a en définitive apporté des
améliorations essentiellement sur la portion aval du flux
de déchets (collecte, tri et recyclage), le gouvernement
semblerait déterminé à sattaquer à
lamont de la chaîne. Après avoir sensibilisé
(avec un certain succès) la population à la nécessité
du tri, lattention serait donc désormais portée
sur la « racine » du problème : la diminution
des déchets à la source.
Cette orientation - si elle se concrétise dans les textes
- est à saluer, car on ne peut faire limpasse sur ce
point dans une politique globale sur les déchets (à
noter par exemple que les directives de lUnion Européenne
se limitent à imposer des taux minima de recyclage par matériaux
à respecter, et ne semblent point imposer dobjectifs
précis en matière de réduction des quantités
produites).
Dès lors, il convient de définir les moyens pour y
parvenir.
Responsabilité ou contrainte
?
Le gouvernement semble préconiser la
voie de la responsabilité individuelle, plutôt que
celle de la coercition (réglementation stricte, pénalités
fiscales, amendes,
). Serait-ce suffisant ? Lappel à
la responsabilité serait-il plus efficace que la contrainte
? Dun point de vue philosophique, certainement ; dun
point de vue économique, peut-être pas.
Rappelons que le consommateur est en quête perpétuelle
de la meilleure offre de produits, au meilleur prix. Le souci environnemental
passe donc souvent au second plan. En appeler à sa responsabilité
est un travail de longue haleine, car parallèlement le système
économique nintègre quasiment pas la dimension
environnementale dans les biens et services quil produit (le
coût ou bénéfice environnemental dun bien
nest pas répercuté dans son prix.
Un comportement responsable supposerait donc que lindividu
agisse en dehors de toute considération financière
à légard des produits quil consomme (que
le consommateur choisisse délibérément le produit
le plus écologique, même sil coûte nettement
plus cher que les autres). De nombreux exemples ont pourtant montré
que les comportements évoluent généralement
sous la contrainte : la consommation de tabac na été
enrayée que par la hausse des prix ; la sécurité
routière napporte des résultats que depuis le
renforcement des contrôles. Pour rester dans le domaine des
déchets, plusieurs pays dEurope ont imposé lachat
obligatoire de sacs poubelle, dans le but de faire pression sur
la quantité dordures des ménages. Certaines
agglomérations ont mis en place la pesée embarquée*,
afin dencourager également le consommateur à
réduire ses déchets. Enfin, bon nombre de pays adoptent
un système de consigne, qui permet ainsi dallonger
la durée de vie de certains types demballages : bouteilles,
sacs, palettes. Des résultats probants ont été
obtenus, quil sagisse de la Belgique, de la Suisse,
de lAllemagne ou du Danemark. Dans ces pays pourtant réputés
pour leur haute conscience environnementale, on constate donc que
la responsabilité de lindividu a été
accompagnée de mesures incitatives.
Un coup de pouce réglementaire apparaît ainsi nécessaire
pour infléchir les comportements.
Que nous réserve donc la future loi sur les déchets
attendue dans le courant de cette année ? Les débats
se poursuivent
Bouteilles plastique écrasées
recyclage oublié
Si
la partie en forme danneaux circulaires de la plupart des
bouteilles deau se prêtent particulièrement bien
à la pression verticale que lon peut exercer sur celle-ci,
une fois vide, ce geste est absolument à proscrire. En effet,
une fois réduite à sa taille minimale, la bouteille
ne passera plus avec succès toutes les étapes préliminaires
à son recyclage. Elle sera éliminée dans les
premières phases de tri, consistant à séparer
les bouteilles des autres objets indésirables. Cette opération
seffectue à laide dun crible (cylindre
perforé) dont les trous savèrent être
dune dimension supérieure à la taille dune
bouteille écrasée.
Seul laplatissement de la bouteille dans sa longueur est préconisé,
pour qui souhaite gagner de la place dans ses poubelles.
Xavier HEUDE
Pesée embarquée
= procédé consistant à peser le poids de la
poubelle avant son déversement dans la benne. De la sorte,
il est possible de facturer le coût de la collecte auprès
de chaque habitant, au poids exact de la quantité de déchets
produits.
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